ACROSS THE DAYS

THE SPIDER, THE MISTRESS AND THE TANGERINE

Publié dans ACROSS THE ART par Across The Days le janvier 5, 2010

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Une œuvre de Louise Bourgeois c’est un peu comme une fin de soirée : glauque, sombre, sexuelle. On ne comprend rien, tout est « dérangé » et il ne s’agit pas seulement des quatre packs de bière qu’il faudra aller jeter. Mais depuis Very bad trip, on peut remonter maintenant le cours des soirées. Le documentaire de Marion Cajori et Amei Wallach revient ainsi sur la plus célèbre des femmes artistes qui aura, on l’imagine, eut l’occasion de trouver pas mal de chinois nus dans son coffre pour en arriver à créer une oeuvre aussi complexe, parcourue de ses traumas personnels, qui devint célèbre à partir des années 70.

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Louise Bourgeois est une artiste plasticienne américaine né en France à la veille de la première mondiale en 1911. Appelé au front, son père en reviendra transformé, prenant pour amante la gouvernante de la maison et l’installant au domicile familial pendant prés de dix ans sous le regard d’une mère passive. Magie troublante de ce traumatisme vécu comme une véritable triple trahison par l’artiste, l’intégralité de son œuvre est hantée par ce trio malsain et révolutionne l’art par l’importance nouvelle accordée au psychique.

« L’araignée, la maitresse et la mandarine ». Nul hasard au titre du documentaire des américaines Marion Cajori et Amei Wallach visible en salle depuis décembre 2009. De l’araignée dont elle exportera le symbole dans des sculptures géantes de Tokyo aux jardins des Tuileries, on apprend qu’il s’agit de sa mère « parce qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable qu’une araignée.” La maitresse se reconnait facilement en la personne de Sadie, sa jolie gouvernante anglaise tandis que la mandarine évoque le père qui, par plaisanterie, aimait sculpter  son corps naissant de femme dans le fruit, laissant la queue du cœur de l’agrume en guise de sexe.

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Parmi les sculptures de son atelier à l’ambiance aussi chaleureuse qu’angoissante, ces nouvelles séquences permettent à Louise Bourgeois de revenir avec une franchise touchante sur ses terreurs enfantines: « Mes émotions sont trop grandes pour moi, elles m’embêtent et je dois m’en débarrasser ». C’est là tout l’univers de la sculptrice qui est restitué, à l’intersection entre mythologie et intimité. Portrait plein d’émotion justement, les images de cette vieille new yorkaise presque centenaire -au cœur resté français- qui a su proposer des voies nouvelles à l’art contemporain, nous éclairent sur celle qu’on pensait détester.

Si Louise Bourgeois est une soirée, hier on était trop bourré et on a rien compris. Mais pour peu que les copains veuillent bien nous rappeler au réveil pourquoi tout est aussi « dérangé », on pourra sûrement en rigoler aussi.

A voir : « Louise Bourgeois : l’araignée, la maîtresse et la mandarine », un documentaire américain de Marion Cajori et Amei Wallach. Décembre 2009. La bande-annonce par ici.

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